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LE HAMEAU DE QUEHEN
![]() Quéhen est avec Herquelingue et le Mont-Lambert alias Boulambert, l’un des trois monts isolés de la banlieue sud-est de Boulogne et qui, selon la légende, figurent sous la forme de trois boules dans le blason du comté. Autrefois, on disait de ces hauteurs balayées par les bourrasques de vent et de pluie Boulambert l’Eventé, Herquelingue le Pelé et Quéhen l’Engelé. Ce qualificatif d’engelé se retrouve dans les vieux titres concernant Quéhen : est-il plus froid que ses deux voisins ? Ce sommet semble plus fait pour porter une forteresse médiévale qu’une demeure de plaisance flanquée de bâtiments agricoles sur l’arrière, cette longue maison rectangulaire en pierres grises de pays sous un toit d’ardoises présentant la particularité d’assurer à la fois le logis du maître et celui du fermier. A l’extrémité gauche de la façade, au rez de chaussée, trois fenêtres sont cintrées alors que les autres baies sont rectangulaires. Il s’agit de vestiges de la construction précédente, les ancrages donnent le millésime 1813. Un arc qui relie le château à un bâtiment porte l’écu au trois merlettes des Rosny et, sur l’angle, une tour récente mais d’allure médiévale abrite une citerne. L’intérieur du château qui fut dévasté lors de la seconde guerre mondiale a nécessité de gros travaux de remise en état. Passons à l’histoire de Quéhen qui approche les cinq siècles d’existence puisque Jacques de Levrent est cité comme seigneur de Quéhen en 1525 (dix ans après Marignan !). Le domaine passe ensuite dans la famille de Campagne et depuis, ce bien
qui n’a jamais été vendu s’est transmis par les femmes. Le 28 juin 1662, des paysans attroupés au village d’Isques furent contraints à la retraite devant des cavaliers envoyés pour les réduire. Humiliés par cette défaite, les révoltés revinrent deux jours après mettre à sac les habitations de Isques considérant que leurs occupants ne les avaient pas soutenus ni suivis. Jehan de Dixmude fut l ‘une de leurs victimes et sa demeure leur exutoire. Quéhen fut entièrement pillé, les portes et les fenêtres détruites à la hache, le linge, les toile et les habits emportés. En 1789, Antoine de Dixmude fit construire une chapelle, aujourd’hui disparue, avec l’autorisation de l’evêque de Boulogne. ![]() En janvier 1804, quand la garde impériale vint camper près du château de Pont de Briques – quartier général de Napoléon – on chercha pour établir l’infirmerie un endroit au bon air et suffisamment isolé pour éviter la contagion. Quéhen parut tout indiqué. La maison de maîttre sans doute trop exiguë pour les chirurgiens et les infirmiers fut agrandie par le Génie. En août 1804 , certainement en prévision d’un débarquement en Angleterre (qui n’eut jamais lieu en raison de la défaite de la marine à Trafalgar), l’empereur donna l’ordre au baron Larrey, chirurgien en chef de la garde et bientôt celui de la Grande Armée, de quitter Paris et d’organiser son ambulance à Quéhen avec 7 chirurgiens, 2 pharmaciens , 8 infirmiers, 6 voitures pour transporter les blessés, et 2 fourgons pour les pansements et instruments. Le 29 août, Larrey fut invité à se tenir prêt à partir … mais ce fut pour Austerlitz. L’infirmerie de Quéhen fut ensuite transférée sur l’hôpital de Boulogne et la demeure rendue à ses propriétaires. C’est Louise Rose de Dixmude qui recut Quéhen de son père et par son mariage en 1813 avec Antoine de Rosny, le domaine passa dans cette famille. L’ancrage précité témoigne qu’une réfection complète eut lieu à cette époque. Quéhen appartient maintenant au comte Arnaud du Plessis d’Argentré qui le tient de sa mère née Elizabeth de Rosny. ![]() A signaler que le fleurissement du château est l’œuvre de Madame d’Argentré qui ne compte pas les heures qu’elle consacre pour embellir cette charmante demeure. Quant à l’exploitation agricole attenante, elle est tenue par Monsieur et Madame Bally qui ont succédé à la famille Lemaire. D’après « Chateaux et maisons de campagne du Boulonnais » par A. Wimet et M.Parenty | |
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[ L'église
d'Isques ] |